29. Mais lui, qui voulait se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
30. Jésus reprit la parole et dit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu de brigands qui le dépouillèrent, lui infligèrent des coups, et s’en allèrent le laissant à moitié mort.
31. Un prêtre qui descendait par hasard par le même chemin le vit et passa outre.
32. De même, un Lévite qui arriva en ce lieu le vit et passa outre.
33. Mais un Samaritain qui voyageait, arrivé là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit.
34. Il s’approcha, soigna ses blessures en y versant de l’huile et du vin. Puis il le mit sur sa propre monture, l'emmena dans une auberge et prit soin de lui.
35. Le lendemain, il tira deux deniers qu'il donna à l’aubergiste, et dit : "Prends soin de lui, et ce que tu dépenserais en plus, je te le rembourserai à mon retour."
36. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé sur les brigands ? »
37. Il répondit : « Celui qui a fait preuve de miséricorde envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi, fais de même. »
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Commentaires et annotations
Qu'est-ce que l'amour du prochain ?
Un légiste, spécialiste de la loi chez les Juifs, cite l'Ancien (Premier) Testament en ces termes :
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, de toute ta pensée et ton prochain comme toi-même. » (Deutéronome 6.5)
Puis il demande à Jésus (verset 29) : « Et qui est mon prochain ? »
Cet homme veut se justifier ... mais de quoi ?
D'avoir une conception étriquée de l'amour du prochain qui se limite à ceux de son peuple ?
Le Premier Testament énonçait successivement ces trois commandements parmi d'autres :
« Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Lévitique 19.18)
Ceci peut inciter à croire que l'amour du prochain devrait se limiter aux "enfants de ton peuple".
Conception étroite qui était peut-être celle de ce "docteur de la loi" ... et que nous retrouvons de nos jours, dans notre contexte national, avec des slogans comme "Français d'abord !"
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Jésus nous invite, dans la parabole du bon Samaritain, à aider l'étranger.
Juifs et Samaritains s'ignoraient d'ordinaire et se considéraient réciproquement comme des étrangers.
Jésus nous invite à devenir "le prochain" de l'autre ... quel qu'il soit, et réciproquement.
Si nous en doutons, relisons l'Evangile selon Matthieu pour savoir comment Jésus juge ... ou jugera les hommes et les femmes de ce monde.
N'est-il pas écrit en Matthieu 25.35 : « J’étais étranger et vous m’avez recueilli. » ?
Alors pourquoi tant de xénophobie et de racisme y compris dans les milieux chrétiens ?
De toute évidence, tout le monde n'a pas la même "grille de lecture" de la Bible.
Beaucoup ne retiennent que ce qui est conforme à leurs préjugés tout en écartant ce qui pourrait remettre en cause les valeurs acquises par leur éducation.
C'est ainsi que l'on forme des "croyants" dont on pourrait dire, comme le prophète Ésaïe cité par Jésus :
« Ce peuple m'honore par ses lèvres, mais son cœur est loin de Moi. En vain, ils me vénèrent, les principes qu'ils enseignent ne sont que directives humaines. » (Matthieu 15.8-9)
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