14. « Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.
15. Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
16. Et moi je prierai le Père. Il vous donnera un autre Intercesseur, afin qu’il soit éternellement avec vous.
17. C'est l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, car il ne Le voit pas et ne Le connaît pas. Vous, vous Le connaissez, car Il demeure auprès de vous et Il est en vous.
18. Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous.
19. Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus. Mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez aussi.
20. En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous.
21. Celui qui a mes commandements et qui les garde, celui-là m’aime. Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et moi, je l’aimerai et je me manifesterai à lui. »
22. Judas, non pas l’Iscariote, Lui dit : « Seigneur, comment se fait-il que tu te manifestes à nous et non au monde ? »
23. Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera. Nous viendrons à Lui et nous ferons notre demeure chez Lui.
24. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Et la parole que vous entendez n’est pas de moi mais du Père qui m’a envoyé.
25. Je vous ai dit cela pendant que je demeure avec vous.
26. L'Intercesseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.
27. Je vous laisse la paix. Ma paix, je vous la donne. Je ne vous la donne pas comme donne le monde. Que votre cœur ne soit ni troublé, ni dans la crainte.
28. Vous avez entendu que je vous ai dit : "Je m'en vais et je viendrai à vous". Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez que j'aille au Père parce que le Père est plus grand que moi.
29. Je vous ai parlé maintenant avant que cela arrive. Ainsi, quand cela arrivera, vous croirez.
30. Je ne parlerai plus guère avec vous car le prince de ce monde vient. Et il n'a rien en moi.
31. Mais, afin que le monde sache que j'aime le Père, je fais ce que mon Père m'a ordonné. Levez-vous, allons-nous-en ! »
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Annonce de l'Esprit Saint
Jésus annonce aux disciples la venue d'un autre "Intercesseur" après Son départ :
« Et moi je prierai le Père. Il vous donnera un autre Intercesseur, afin qu’il soit éternellement avec vous. » (verset 16)
Le terme grec "Paraklètos" peut-être traduit par intercesseur, défenseur, ou consolateur.
Il est parfois conservé sous sa forme originale de "Paraclet".
Celui-ci doit succéder à Jésus, qui est cependant le seul Intercesseur, mais cette "succession" est intemporelle car le "Paraclet" existe depuis toujours.
Le verset 26 nous précise qu'il s'agit de l'Esprit Saint, troisième personne de la Trinité, incarnation de Jésus en celui qui Le reçoit.
« C'est l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, car il ne Le voit pas et ne Le connaît pas. Vous, vous Le connaissez, car Il demeure auprès de vous et Il est en vous. » (verset 17)
Etrange sensation que de se sentir habité par un Esprit qui n'est pas le nôtre tout en étant Nôtre.
Au travers de l'Evangile selon Jean, Jésus n'a de cesse de décliner Son unité avec le Père mais également avec Ses disciples.
L'Evangile selon Jean, c'est l'annonce du "Dieu Esprit" par excellence.
Et ce chapitre 14 est essentiel car il reprend les précédents enseignements sur L'Esprit Saint tout en leur donnant une nouvelle dimension.
Les disciples ne comprenaient pas Jésus avant Sa résurrection ... et au cours des siècles qui se sont écoulés par la suite, bien des disciples sont passés à côté de Celui qui pouvait être en eux.
Il est vrai que les enseignements dispensés dans les églises se sont peu attardés sur cette dimension spécifique de la foi chrétienne.
Il a été donné jusqu'à présent à une minorité de comprendre ce que signifie : avoir une relation personnelle avec Jésus par l'Esprit Saint !
« En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous. » (verset 20)
Indépendamment de cette relation personnelle, qui va se traduire par toutes sortes de réalités imperceptibles au monde mais évidentes pour celles et ceux qui les vivent, l'Esprit Saint allait aussi se manifester concrètement par des œuvres collectives :
- au travers d'enseignements,
- et par la mémoire.
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Ces enseignements de "toutes choses" (verset 26) se sont concrétisés par les textes écrits par Paul et les autres apôtres.
Ils ont ainsi alimenté ce qui allait devenir le Nouveau Testament. Ceci permet de dire que les écrits des apôtres ont été inspirés par l'Esprit Saint.
La mémoire des Paroles du Christ s'est concrétisée par l'œuvre des quatre évangélistes qui ont relaté la vie et les enseignements de Jésus.
Nous disposons ainsi d'une compilation de textes initiée par l'Esprit Saint.
Et tout comme il fut donné aux premiers disciples d'être inspirés et guidés dans leurs écrits, il nous est offert chaque jour d'être enseignés en toutes choses par la lecture de la Bible car :
« Toute Ecriture inspirée de Dieu est aussi utile à l'enseignement, pour réfuter, pour corriger, pour éduquer dans la justice. Ainsi l’homme de Dieu est accompli, équipé pour toute œuvre bonne. » (2 Timothée 3.16-17)
L'inspiration, comme fruit de l'Esprit Saint, ne se développe pas sur tout le monde.
Est-elle limitée à une minorité ou peut-elle accompagner de nombreux croyants ?
Au verset 14, Jésus dit :
« Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. »
En se fondant sur de telles affirmations du Christ, beaucoup sollicitent les dons de l'Esprit et certains croient les avoir reçus par le baptême dans l'Esprit.
Mais seul le Seigneur pourra attester que ces "dons" sont effectifs s'ils ne s'accompagnent pas des "fruits" en conséquence.
Nous lisons dans l'Epître aux Galates (5.22-23) cet enseignement de Paul :
« Le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi ... »
La question se pose donc en ces termes : faut-il demander au Seigneur un quelconque don de l'Esprit ... si cela ne se traduit pas concrètement par les fruits de l'Esprit ?
Paul écrit par ailleurs :
« La manifestation de l'Esprit est donnée à chacun en vue de l'utilité commune. » (1 Corinthiens 12.7)
Puis il établit ensuite le lien entre les dons ... et le fruit qui doit en résulter, notamment l'amour :
« Si je parle les langues des hommes, et même celles des anges, mais sans amour, je ne suis rien de plus qu'un bronze qui résonne ou une cymbale qui retentit. » (1 Corinthiens 13.1)
Les dons sans les fruits sont des coquilles vides !
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