Crucifixion de Jésus

Crucifixion de Jésus

EVANGILE de Jésus Christ selon MATTHIEU

Le Nouveau Testament commenté

Chapitre 27 ~ Versets 1 à 66

Jésus condamné et crucifié


Traduction Louis Segond 1910

1 Dès que le matin fut venu, tous les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus, pour le faire mourir.

2 Après l’avoir lié, ils l’emmenèrent, et le livrèrent à Ponce Pilate, le gouverneur.

3 Alors Judas, qui l’avait livré, voyant qu’il était condamné, se repentit, et rapporta les trente pièces d’argent aux principaux sacrificateurs et aux anciens,

4 en disant : J’ai péché, en livrant le sang innocent. Ils répondirent : Que nous importe? Cela te regarde.

5 Judas jeta les pièces d’argent dans le temple, se retira, et alla se pendre.

6 Les principaux sacrificateurs les ramassèrent, et dirent : Il n’est pas permis de les mettre dans le trésor sacré, puisque c’est le prix du sang.

7 Et, après en avoir délibéré, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier, pour la sépulture des étrangers.

8 C’est pourquoi ce champ a été appelé champ du sang, jusqu’à ce jour.

9 Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète : « Ils ont pris les trente pièces d’argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu’on a estimé de la part des enfants d’Israël ;

10 et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné. »

11 Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l’interrogea, en ces termes : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus lui répondit : Tu le dis.

12 Mais il ne répondit rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens.

13 Alors Pilate lui dit : N’entends-tu pas de combien de choses ils t’accusent ?

14 Et Jésus ne lui donna de réponse sur aucune parole, ce qui étonna beaucoup le gouverneur.

15 A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule.

16 Ils avaient alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas.

17 Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ ?

18 Car il savait que c’était par envie qu’ils avaient livré Jésus.

19 Pendant qu’il était assis sur le tribunal, sa femme lui fit dire : Qu’il n’y ait rien entre toi et ce juste ; car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui.

20 Les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent à la foule de demander Barabbas, et de faire périr Jésus.

21 Le gouverneur prenant la parole, leur dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? Ils répondirent : Barabbas.

22 Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, qu’on appelle Christ ? Tous répondirent : Qu’il soit crucifié.

23 Le gouverneur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils crièrent encore plus fort : Qu’il soit crucifié !

24 Pilate, voyant qu’il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l’eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit : Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde.

25 Et tout le peuple répondit : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !

26 Alors Pilate leur relâcha Barabbas ; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié.

27 Les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire, et ils assemblèrent autour de lui toute la cohorte.

28 Ils lui ôtèrent ses vêtements, et le couvrirent d’un manteau écarlate.

29 Ils tressèrent une couronne d’épines, qu’ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; puis, s’agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant : Salut, roi des Juifs !

30 Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête.

31 Après s’être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.

32 Lorsqu’ils sortirent, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, appelé Simon, et ils le forcèrent à porter la croix de Jésus.

33 Arrivés au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne,

34 ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; mais, quand il l’eut goûté, il ne voulut pas boire.

35 Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort, [afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète : « Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique. »]

36 Puis ils s’assirent, et le gardèrent.

37 Pour indiquer le sujet de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête : Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.

38 Avec lui furent crucifiés deux brigands, l’un à sa droite, et l’autre à sa gauche.

39 Les passants l’injuriaient, et secouaient la tête,

40 en disant : Toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même ! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix !

41 Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient :

42 Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même ! S’il est roi d’Israël, qu’il descende de la croix, et nous croirons en lui.

43 Il s'est confié en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime. Car il a dit : Je suis Fils de Dieu.

44 Les brigands, crucifiés avec lui, l’insultaient de la même manière.

45 Depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième, il y eut des ténèbres sur toute la terre.

46 Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

47 Quelques-uns de ceux qui étaient là, l’ayant entendu, dirent : Il appelle Elie.

48 Et aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge, qu’il remplit de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire.

49 Mais les autres disaient : Laisse, voyons si Elie viendra le sauver.

50 Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l’esprit.

51 Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent,

52 les sépulcres s’ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent.

53 Etant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes.

54 Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et ce qui venait d’arriver, furent saisis d’une grande frayeur, et dirent : Assurément, cet homme était Fils de Dieu.

55 Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin ; qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir.

56 Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

57 Le soir étant venu, arriva un homme riche d’Arimathée, nommé Joseph, lequel était aussi disciple de Jésus.

58 Il se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Et Pilate ordonna de le remettre.

59 Joseph prit le corps, l’enveloppa d’un linceul blanc,

60 et le déposa dans un sépulcre neuf, qu’il s’était fait tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du sépulcre, et il s’en alla.

61 Marie de Magdala et l’autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du sépulcre.

62 Le lendemain, qui était le jour après la préparation, les principaux sacrificateurs et les pharisiens allèrent ensemble auprès de Pilate,

63 et dirent : Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, quand il vivait encore : Après trois jours je ressusciterai.

64 Ordonne donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas dérober le corps, et dire au peuple : Il est ressuscité des morts. Cette dernière imposture serait pire que la première.

65 Pilate leur dit : Vous avez une garde ; allez, gardez-le comme vous l’entendrez.

66 Ils s’en allèrent, et s’assurèrent du sépulcre au moyen de la garde, après avoir scellé la pierre.

[Verset 27.35 : passage n'apparaissant pas dans les manuscrits les plus anciens]

Nouvelle traduction de la Bible

1. Le matin venu, tous les grands-prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus de façon à Le faire mourir.

2. Après L'avoir lié, ils L'emmenèrent et Le livrèrent au gouverneur Pilate.

3. Alors Judas, qui L'avait livré, voyant qu'il était condamné, se repentit et restitua les trente pièces d'argent aux grands-prêtres et aux anciens.

4. Il dit : "J'ai péché en livrant un sang innocent." Ceux-ci répondirent : "Pourquoi venir nous le dire ? C'est à toi de voir."

5. Il jeta les pièces d'argent dans le sanctuaire, se retira, et s'en alla se pendre.

6. Les grands-prêtres dirent en prenant les pièces d'argent : "Il n'est pas permis de déposer celles-ci dans le trésor car c'est le prix du sang."

7. Ils se consultèrent et achetèrent avec l'argent le champ du potier pour la sépulture des étrangers.

8. C'est pourquoi ce champ est appelé "Champ du sang" jusqu'à présent.

9. Ainsi s'accomplit la parole prononcée par Jérémie le prophète : « Et ils prirent les trente pièces d'argent, le prix qu'ils L'avaient évalué, c'est ainsi que L'estimèrent les fils d’Israël.

10. Ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait prescrit. » (Zacharie 11.12-13)

11. Jésus fut présenté au gouverneur qui L’interrogea en disant : "Es-tu le roi des Juifs ?" Jésus déclara : "Tu le dis."

12. Mais quand Il fut accusé par les grands-prêtres et les anciens, Il ne répondit rien.

13. Alors Pilate Lui dit : "N’entends-tu pas comment ils témoignent contre toi ?"

14. Il ne lui répondit sur aucun point, aussi le gouverneur était très étonné.

15. A chaque fête, le gouverneur avait l'habitude de libérer un seul prisonnier, selon la volonté de la foule.

16. Ils avaient alors un prisonnier fameux qui s'appelait [Jésus] Barabbas.

17. Comme ils étaient rassemblés, Pilate leur dit : "Lequel voulez-vous que je vous libère, [Jésus le] Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ ?"

18. Car il savait que c’était par jalousie qu’ils L'avaient livré.

19. Comme il s'asseyait au tribunal, sa femme lui fit dire : "Qu’il n’y ait rien entre toi et ce juste ; car aujourd’hui j’ai été très tourmentée en songe à cause de lui."

20. Les grands-prêtres et les anciens persuadèrent les foules de demander Barabbas afin de faire périr Jésus.

21. Le gouverneur leur répondit : "Lequel des deux voulez-vous que je libère ?" Ceux-ci dirent : "Barabbas."

22. Pilate leur dit : "Que ferai-je donc de Jésus, qu’on appelle Christ ?" Ils dirent tous : "Qu’il soit crucifié !"

23. Il reprit : "Quel mal a-t-il donc fait ?" Ils crièrent avec force : "Qu’il soit crucifié !"

24. Pilate voyant que cela ne servait à rien, mais que le tumulte grandissait, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule en disant : "Je suis innocent du sang versé. Cela vous regarde."

25. Et tout le peuple répondit : "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !"

26. Alors il leur libéra Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il Le livra pour qu'Il soit crucifié.

27. Ensuite les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent contre Lui toute la cohorte.

28. Ils le dévêtirent et Lui mirent un manteau écarlate.

29. Ils tressèrent une couronne d’épines qu’ils mirent sur Sa tête, et un roseau dans Sa main droite. Puis ils s’agenouillèrent devant Lui et se moquèrent de Lui en disant : "Salut, roi des Juifs !"

30. Ils Lui crachèrent dessus, prirent le roseau et frappèrent sur Sa tête.

31. Après s’être moqués de Lui, ils Lui ôtèrent le manteau, Lui remirent Ses vêtements, et L’emmenèrent pour Le crucifier.

32. En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène nommé Simon. Ils le requirent pour porter Sa croix.

33. Ils arrivèrent au lieu-dit Golgotha, ce qui signifie lieu du Crâne.

34. Ils Lui donnèrent du vin à boire mêlé de fiel. Il le goûta et ne voulut pas boire.

35. Après L’avoir crucifié, ils se partagèrent Ses vêtements en tirant au sort.

36. Une fois assis, ils Le gardèrent.

37. Ils mirent au-dessus de Sa tête le motif contre lui en écrivant : "Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs."

38. Deux brigands furent crucifiés avec Lui, l’un à Sa droite, l’autre à Sa gauche.

39. Les passants L’injuriaient en hochant la tête.

40. Ils disaient : "Toi qui détruis le temple et le reconstruis en trois jours, sauve-toi toi-même si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix !"

41. Les grands-prêtres, avec les scribes et les anciens, se moquaient de même en disant :

42. "Il en a sauvé d'autres, et il ne peut se sauver lui-même ! Il est roi d’Israël ? Qu’il descende de la croix et nous croirons en lui.

43. Il a mis sa confiance en Dieu, qu'Il le délivre maintenant s’Il le veut. Car il a dit : Je suis Fils de Dieu."

44. Les brigands crucifiés avec Lui l’insultaient aussi.

45. De la sixième heure jusqu’à la neuvième, une ténèbre couvrit toute la terre.

46. Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d'une voix forte : « Eli, Eli, léma sabachthani ? » C’est-à-dire : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?" (Psaume 22.2)

47. Certains qui se tenaient là l’entendirent et ils dirent : "Il appelle Elie."

48. Et aussitôt, l’un d’entre eux courut prendre une éponge qu’il remplit de vinaigre. Il la fixa à un roseau et il Lui donna à boire.

49. Les autres dirent : "Laisse, voyons si Elie vient le sauver."

50. Mais Jésus cria de nouveau d'une voix forte et rendit l’esprit.

51. Alors, le rideau du sanctuaire se déchira en deux, de haut en bas. La terre trembla et les roches se fendirent.

52. Les tombeaux s’ouvrirent, et de nombreux corps de saints endormis se réveillèrent.

53. Sortis des tombeaux après Sa résurrection, ils entrèrent dans la ville sainte et apparurent à beaucoup de gens.

54. Le centurion, et ceux qui gardaient Jésus avec lui, voyant le séisme et ce qui venait d’arriver, furent très effrayés. Ils disaient : "Assurément, cet homme était Fils de Dieu."

55. De nombreuses femmes étaient là qui observaient de loin, celles qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée et Le servaient.

56. Parmi elles, Marie la Magdalène, ainsi que Marie, celle de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

57. Le soir venu, un homme riche d’Arimathie, nommé Joseph, arriva. Lui aussi était devenu disciple de Jésus.

58. Il se présenta à Pilate pour demander le corps de Jésus. Et Pilate ordonna de Le remettre.

59. Joseph prit le corps et l’enveloppa dans un linceul propre.

60. Il le plaça dans un tombeau neuf, celui qu’il s’était fait tailler dans le roc. Après avoir roulé une grande pierre à l’entrée du tombeau, il s’éloigna.

61. Marie la Magdalène et l’autre Marie étaient là, assises devant la tombe.

62. Le lendemain, jour suivant la Préparation, les grands-prêtres et les Pharisiens se rassemblèrent chez Pilate.

63. Ils dirent : "Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit, quand il était encore vivant : "Après trois jours, je me réveillerai."

64. Ordonne donc que la tombe soit surveillée de près jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps pour dire au peuple : "Il est réveillé des morts." Cette dernière imposture serait pire que la première."

65. Pilate leur déclara : "Vous avez une garde. Allez le surveiller de près comme vous l’entendez."

66. Ils s’en allèrent, sécurisèrent la tombe en scellant la pierre, et laissèrent la garde.

[Versets 16 & 17 : De nombreux manuscrits omettent le mot Jésus devant Barabbas]

Allez jusqu'au bout de l'Evangile !

Commentaires et annotations

27.1 à 27.2 : Jésus conduit devant Pilate
(Passages parallèles en Marc 15.1 et Luc 23.1 et Jean 18.28)
27.3 à 27.10 : La mort de Judas
(Passage parallèle en Actes 1.16-19)
27.11 à 27.26 : Jésus ou Barabbas ?
(Passages parallèles en Marc 15.2-15 et 23.2-5 & 13-25 et Jean 18.29 à Jean 19.16)

Jésus n'a pas répondu aux questions de Pilate.

De toute évidence, Il n'avait pas à se justifier, ni devant Pilate, ni devant les autorités religieuses.

Il ne s'agissait pas d'un manque de respect envers les autorités ... Il se savait condamné d'avance.

Il se devait toutefois de signifier à Pilate :

« Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, s'il ne t'avait été donné d'en haut. » (Jean 19.11)

Par principe, toute autorité vient de Dieu.

Qu'il s'agisse de Pilate ou de tout autre, l'humanité n'agit sur terre que par délégation consentie par l'autorité divine.

Le Créateur est le dépositaire du principe initial de l'autorité sur toutes choses et sur tous les êtres.

Le livre de la Genèse (1.28) nous enseigne comment Dieu délégua aux hommes l'autorité sur la terre et l'ensemble des animaux qu'Il avait créés.

Se soumettre aux autorités sur terre, c'est prouver sa capacité à se soumettre à Dieu en éliminant l'orgueil, l'ambition, l'esprit de rébellion qui fut la cause première de la chute de l'humanité.

« Que chaque individu soit soumis aux autorités supérieures. Car il n'est d'autorité qui ne vienne de Dieu, celles qui existent sont établies par Dieu.

Aussi, celui qui s'oppose à l'autorité se dresse contre l'ordre de Dieu. Ceux qui se rebellent ainsi hériteront de la condamnation sur eux-mêmes. » (Romains 13.1-2)

C'est une attitude parfois difficile à tenir lorsque l'on est confronté à des dictatures ou autres formes de pouvoirs totalitaires.

Bien souvent démunis face à de telles situations, que faire sinon, en priorité, implorer Dieu comme David ?

« Protège mon âme contre le glaive, Ma vie contre le pouvoir des chiens. » (Psaume 22.21)

C'est au nom d'un tel pouvoir que Jésus fut crucifié à la place de Barabbas.

Il est intéressant de s'attarder sur les différentes traductions de ce passage car beaucoup omettent de rappeler que Barabbas se prénommait Jésus.

Ainsi de nombreux manuscrits ont omis le mot Jésus devant le nom de Barabbas.

Des copistes ont-ils considéré que Barabbas était indigne de porter le prénom de Jésus ?

C'est possible ... mais c'est dommage !

Le nom de Jésus vient de l'hébreux "Iéshoua" qui signifie "Dieu sauve".

"Bar-abba", en araméen, c'est "le fils du père".

Jésus Barabbas peut ainsi se traduire par "Dieu sauve le fils du père" ... ce qui fut une réalité physique puisque le Christ a pris la place de Barabbas sur la croix, ce dernier symbolisant l'humanité pécheresse.

Mais le Christ, en prolongeant la vie de Barabbas, lui a aussi donné une seconde chance d'échapper au jugement de Dieu par le salut.

La descendance de l'homme Adam, "fils" de Dieu, n'est-elle pas sauvée de la colère du Père par le sacrifice du Fils de Dieu ?

27.27 à 27.31 : Le roi des juifs humilié
(Passages parallèles en Marc 15.16-20 et Luc 23.11 et Jean 19.2-3)
27.32 à 27.44 : Jésus crucifié
(Passages parallèles en Marc 15.21-32 et Luc 23.26-43 et Jean 19.16-24)

Au verset 44, l'Evangile selon Matthieu précise que les deux brigands crucifiés aux côtés de Jésus l'insultaient.

L'Evangile selon Marc (15.32) confirme cette version des faits et Jean n'en parle pas.

Par contre, l'Evangile selon Luc (23.40-43) nous dit que l'un des deux brigands s'est repenti sur la croix.

Les témoignages divergent donc. Faut-il en déduire que certains se soient trompés ?

N'est-il pas envisageable que certains témoins n'aient pas entendu que l'un des brigands s'est converti peu avant sa mort ?

Et quand bien même y aurait-il une erreur, nous devons avoir en mémoire que ce qui nous est rapporté provient de sources humaines qui, même guidées par l'Esprit Saint, ne sont pas à l'abri d'une mauvaise interprétation, ou même d'une erreur de la part des copistes.

27.45 à 27.54 : La mort de Jésus
(Passages parallèles en Marc 15.33-39 et Luc 23.44-48 et Jean 19.28-30)

Parmi les dernières paroles de Jésus figure au verset 46 la reproduction d'un Psaume de David (22.2) : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Que signifie cet appel ?

Jésus connaît-il alors la détresse, le sentiment d'abandon ?

Où s'agit-il d'accomplir les Ecritures en proclamant la réalisation d'une prophétie du psalmiste ?

Traqué par ses adversaires, David s'est interrogé tout comme de nombreux êtres humains confrontés à l'adversité :

"Où es-tu Seigneur, que fais-tu ?"

Dieu s'est fait homme pour vivre nos souffrances et nous offrir le moyen d'y répondre.

Il a vécu le drame humain jusqu'au bout, avec ses pleurs, de la compassion, une foi incomparable ... et puis le doute ?

Pourquoi ne faudrait-il jamais douter ?

Jésus, dans sa dimension humaine, ne devait-il pas affronter toutes les tentations ?

Et si le doute permet ensuite de se ressaisir pour mieux affronter les épreuves ... pourquoi pas ?

Crucifié un vendredi, Jésus allait ressusciter le dimanche.

Il nous prouvait ainsi que la détresse d'un vendredi peut-être suivie d'une renaissance le dimanche ...

27.55 à 27.61 : Jésus enseveli
(Passages parallèles en Marc 15.40-47 et Luc 23.49-56 et Jean 19.25 & 38-42)

Crucifié et enseveli le vendredi, Jésus est ressuscité le dimanche, soit le troisième jour, au lendemain du sabbat.

Certes, ceci ne représente pas trois jours pleins mais au mieux une quarantaine d'heures.

C'est en effet le temps que l'on peut estimer entre Sa mort (le vendredi vers 15 heures) et le tombeau vide au lever du jour, le dimanche matin vers 7 heures.

Faut-il s'attarder sur la signification de ces durées ou les considérer comme symboliques ?

Les trois jours évoquent le temps que Jonas passa dans un poisson tout comme la quarantaine évoque une période d'isolement.

Les hébreux ont séjourné 40 ans dans le désert, Jésus fut conduit 40 jours au désert pour être tenté.

Et pendant 40 heures, Jésus est descendu au séjour des morts : n'était-ce pas Sa dernière épreuve ?

« C'est pourquoi l’Evangile fut aussi annoncé aux morts, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu par l’Esprit. » (1 Pierre 4.6)

27.62 à 27.66 : La garde du tombeau

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